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Du changement et un coup d’éclat

Ce matin, je me réveille avec la gueule de bois. Quelle nuit ! Mais plus d’info là-dessus plus tard. Revenons d’abord quelques semaines en arrière…

Si vous suivi un peu l’actu du club, vous savez que cela fait quelques saisons que rien ne bouge: pas de transfert et, à moins de jouer contre une équipe de petits robots alcooliques, on n’arrête pas de perdre. Aussi, à l’entraînement, on fait tout le temps les mêmes exercices. D’après les coachs, c’est normal et ça fait partie de notre formation. Moi, j’y comprends pas grand chose mais j’essaye de leur faire confiance. Mais dernièrement, quelque chose a changé. Un jour d’entraînement, le coach Moreel est entré dans le vestiaire et nous a annoncé que nous travaillerons bientôt d’autres exercices et que petit-à-petit, on jouera la gagne dans certains matchs. Il a ensuite annoncé que le club avait recruté 5 nouveaux joueurs. J’te raconte pas l’étonnement du groupe… La semaine suivante, on a fait connaissance avec nos nouveaux équipiers. Ils sont plutôt sympa. Sauf un mec un peu chelou qui a carrément plompé l’ambiance pendant quelques jours.

Et cette gueule de bois me direz-vous ? J’y reviens. Hier, on a gagné un match. De coupe. Contre une équipe de Division 5 ! In-cro-yable. C’était la première fois que l’on s’entraînait en vue d’un match. On a préparé plusieurs schémas tactiques, les coachs nous ont même sorti des vidéos de nos adversaires. Statistiquement, on avait une chance de l’emporter et le club avait décidé de jouer le coup.

Tout le monde était super motivé. Je me suis entrainé comme un fou durant la semaine. Cependant, j’ai été super déçu d’apprendre que je n’étais pas retenu dans le 11 de base. Le match a bien démarré, les copains étaient super motivés et appliqués. Si bien que l’on a rapidement mené 2-0. Je te jure, c’était la folie dans les tribunes. Jamais vu ça ! On s’est finalement imposé 3-0. Malheureusement pour moi, je ne suis pas monté au jeu…

Après le match, tout le club a fait la fête comme si on avait gagné la coupe. D’après le coach, c’était notre seule chance de faire un coup d’éclat cette année et qu’il fallait que l’on en profite. Et c’est ce qu’on a fait: on a bu, chanté et dansé toute la nuit. Quelle folie !

Ce matin je me réveille donc avec la gueule de bois. Je regarde mon téléphone et découvre notre prochain adversaire en coupe. Une équipe de D3, vainqueur de la coupe Ruby la saison dernière. Outch, mon mal de crâne vient de s’intensifier…

Fayad.

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Mon premier carnet intime

Depuis que j’ai quitté la cité pour rejoindre ce club paumé au milieu de la campagne, mes potes me demandent régulièrement des nouvelles et comme j’en ai un peu assez de me répéter, j’ai décidé d’ouvrir ce blog et de vous parler de ma vie de footballeur au Reinhardstein FC.

L’académie…

Tout a décidé quand des recruteurs se sont pointés alors qu’on jouait pénard sur le terrain de mini-foot du quartier. J’avais 15 ans et ce jour là, j’étais en forme. J’ai carrément survolé le jeu, marqué pleins de buts et aucun de mes potes n’avaient réussi à me piquer le ballon. Faut croire que le recruteur avait vachement kiffé car, après un coup de fil à son boss, il m’a proposé de rejoindre un centre de formation. Evidemment, j’ai tout de suite dit oui. Mon père a été un peu plus difficile à convaincre mais finalement la petite enveloppe du recruteur et la promesse d’un avenir radieux l’a fait cédé.

J’ai donc pris le bus vers Ovifat, un village de l’est de la Belgique, paumé au milieu de Hautes-Fagnes. C’était vraiment différent de la ville. Beaucoup trop calme et beaucoup trop pluvieux. Mais bon, c’était cool car j’étais un peu considéré comme une star à mon arrivée ! Tout tournait autour de moi. Les coachs s’occupaient tout le temps de ma formation, délaissant les autres joueurs. Un jour, j’ai claqué un Hattick et après ça, ils disaient tous que j’étais l’avenir de l’équipe A, la future vedette. Et le pire, c’est que j’ai fini par y croire… Mais j’ai vite déchanté.

Les débuts en équipe A

À 17 ans, je suis sorti de l’Académie pour intégrer l’équipe première. Je te jure, je me souviendrai toujours de mon premier entraînement… Le club venait de dépenser pas mal de thunes pour acheter d’autres jeunes joueurs et comparé à eux, j’avais l’impression d’être naze. On a fait quelques tests individuels et j’ai bien remarqué que les coachs étaient pas forcément ravi de mes performances. Le soir, coach Moreel m’a convoqué dans son bureau. “Ecoute, Fayad” m’a-t-il dit d’un air sérieux avant de me passer un savon: “Ici ce n’est plus l’Académie, c’est le monde professionnel, tu n’es plus le “King”. Et franchement, de ce que j’ai vu, tu n’as rien d’exceptionnel. Déjà, tu es un cran en dessous des autres jeunes et en plus de ça, tu ne cours pas forcément vite, tu n’es ni grand ni musclé, tes gestes techniques ne sont pas fous. Si tu veux un jour devenir titulaire dans cette équipe, il va falloir bosser !”. Il est dur le coach, non ?

Bon ben du coup, je bosse. Beaucoup. On est 8 jeunes dans le cas. Les entraînements sont mégas durs et j’suis complètement lessivé à la fin de chaque session. Mais bon, j’sens que je progresse. Après pratiquement 2 ans à répéter les mêmes phases de jeu, les coachs disent que l’on sera bientôt prêt pour passer à de nouveaux exercices. Je me réjouis.

J’espère qu’un jour, on gagnera des matchs aussi. On se prends quand même beaucoup de branlées.

À bientôt pour un nouveau blog.
Fayad